Hommages

Claude Foulon, un homme au grand cœur

Ce n’est pas un hasard si l’église de Neuville-lès-Dieppe était archi comble pour les obsèques de notre ami Claude, il était en effet unanimement reconnu comme un être exceptionnel. Sous son air enjoué, blagueur et derrière son sourire de façade, Claude cachait en fait une nature généreuse et plutôt inquiète qui se révélait aussitôt que l’on grattait le vernis de surface, tant dans sa vie privée (c’était un véritable « Papa Poule » pour ses trois enfants) que dans son univers professionnel (besogneux, appliqué et hyper consciencieux).

Son parcours scolaire ne le conduira pas vers de longues études, on n’avait pas les moyens d’envoyer les gamins longtemps à l’école dans la famille ; le papa était maçon et il y avait quatre enfants à nourrir dans le foyer (Claude avait un frère aîné, un frère jumeau et une sœur). C’est donc tout naturellement que, dès son Certificat d’Etudes Primaires en poche, il va entrer dans la vie active en se faisant embaucher dans une entreprise de maintenance de bateaux de pêche. Il était attiré par les moteurs et il avait le sens de la mécanique, si bien qu’il fera rapidement (suite…)

07 Août 2018

Claude Foulon n’est plus

L’hécatombe se poursuit, inexorablement, mais les Anciens d’Alpine ne se résolvent pas pour autant à voir leurs compagnons d’armes tirer un à un leur révérence sans éprouver un profond chagrin.

Claude était sans doute l’un des plus connus d’entre eux. On ne peut évoquer « le Barbu » de chez Alpine sans avoir aussitôt son visage souriant dans les yeux, sans ressentir sa poigne de fer vous serrer la main et sans se remémorer son humour particulier qui était sa façon à lui de vous signifier qu’il avait plaisir à vous voir.

Toujours d’humeur égale, toujours disposé à rendre service, toujours disponible pour rechercher la solution qui vous tirera d’affaire, toujours prêt à payer de sa personne pour réussir un challenge improbable, c’était vraiment « un chic type »… (suite…)

27 Juil 2018

Bernard Boyer, autodidacte et pragmatique…

Ce n’est pas en un jour qu’Alpine a accédé au statut de légende du sport automobile, ni grâce à un seul exploit, mais parmi les différents défis dans lesquels Jean Rédélé a joué son va-tout avec pour armes principales une audace insensée et un optimisme viscéral, sa décision de participer aux 24h du Mans en 1963 constitue sans aucun doute une étape décisive sur le chemin de la gloire qu’allait connaître plus tard la marque au A fléché.

Pour aborder ce challenge avec le maximum de chances, le jeune constructeur dieppois a eu la riche idée de constituer un trio de choc composé de Bernard Boyer, technicien de terrain bouillonnant d’idées, Richard Bouleau homme d’études chargé de la conception du châssis et Marcel Hubert responsable de la carrosserie et de l’aérodynamisme. Malgré les modestes moyens mis à leur disposition et le manque de temps, le prototype Alpine M63 qui naîtra de cette collaboration va aussitôt marquer les esprits grâce à des performances très largement supérieures à celles de la concurrence équipée de la même motorisation Renault Gordini de 1000 cm3.

Bernard Boyer nous a hélas quittés lundi, il aurait eu 84 ans le 25 mars. C’était un (suite…)

23 Mar 2018

Bernard Pierangeli nous a quittés


Bernard Pierangeli nous a quittés ce matin 26 décembre 2017, il avait 86 ans.

Depuis plusieurs années, il était atteint par ce genre de maladie qui vous rend tous les jours un peu plus dépendant des autres… Mais son attention, son regard étaient toujours aussi vifs, comme j’ai pu encore le constater lors de ma dernière visite il y a 8 jours exactement.
Bernard était un passionné ; pas le genre démonstratif, exubérant mais habité par une passion brûlante qui vous porte sur les projets les plus exigeants.
Il avait dans ses gênes l’abnégation du corse de la montagne, il en était fier à juste titre puisque sa famille est apparentée aux Bonaparte.
Attiré depuis son enfance par l’automobile, à 22 ans, il entre modestement chez SIMCA en 1953 et, sans formation particulière, il en sortira fin 1967, cadre supérieur apprécié, après y avoir fait un peu tous les métiers. Et, c’est pour Jean Rédélé et Alpine qu’il quittera SIMCA, avec la complicité de Philippe Lamirault, le directeur commercial de Renault.

C’est en effet pour reprendre mes activités commerciales qu’il a été recruté par Jean Rédélé, afin que je puisse me consacrer entièrement à la compétition, pour l’ensemble du groupe Renault. La passation de pouvoir se fera en un quart d’heure, dans mon bureau d’Epinay-sur-Seine, un petit matin de février 1968, alors que j’étais déjà en retard pour (suite…)

28 Déc 2017

Roger de Lageneste, un authentique gentleman driver

Avec la disparition de Roger de Lageneste se tourne l’une des dernières pages d’une époque définitivement révolue.

Après avoir fait ses premières armes en rallye et dans des épreuves de longue haleine de type Mille Miglia ou Liège-Rome-Liège, il épingle un titre de champion de France des rallyes à son palmarès en 1960. Il courait alors sur Alfa Roméo mais les relations amicales nouées à cette époque avec Jacques Cheinisse vont lui permettre de frapper à la porte d’Alpine en 1964 et Jean Rédélé, confiant dans ses aptitudes pour les épreuves d’endurance, lui propose d’entrée de jeu un volant pour les 24h du Mans. Et ce coup d’essai va s’avérer gagnant puisqu’il remportera le classement à l’indice énergétique, associé à (suite…)

21 Oct 2017