Gironella motorsport
Alberto Gironella est une vieille connaissance pour les Anciens d’Alpine
!
Attiré par les
voitures de sport depuis sa plus tendre enfance, son penchant s’est
petit à petit concentré sur Alpine, en prenant bientôt
la forme d’une passion dévorante... A tel point, que totalement
dépité par la disparition de Dinalpin en 1974, une idée
saugrenue lui traversa l’esprit, puis finit par s’imposer à lui,
jusqu’à l’obséder : il fallait relancer Alpine au Mexique
!
Mais l’affaire était
loin d’être simple. Jean Rédélé avait perdu
le contrôle d’Alpine en France, la Berlinette était déjà
sur le déclin et l’A310 sa remplaçante, nettement plus
sophistiquée, s’avérait aussi plus délicate à
fabriquer dans le contexte mexicain. Qu’à cela ne tienne ! Faisant
jouer ses relations, il arrive à rencontrer Jean Derrien, le
patron Renault de l’usine de Dieppe, qui accepte de le prendre en stage
pour étudier la faisabilité de son projet.
C’est ainsi, qu’un beau
matin de 1978, nous le vîmes arriver avenue de Bréauté,
armé d’un bloc-note et d’un appareil-photo... Le stage se prolongea
près d’un an, lui permettant de se constituer une documentation
complète sur le sujet et s’enrichissant au passage d’une mission
au Département Alpine de FASA Renault en Espagne.
L’art et la manière
de fabriquer une Alpine ne présentant plus de secret pour lui,
Alberto signa un protocole d’accord avec Renault, l’autorisant à
fabriquer la A310 sous licence au Mexique. Mais il n’était pas
encore au bout des ses peines ! Les importations étant contingentées
sur le marché mexicain, le gouvernement exigea que les approvisionnements
de constituants Alpine soient imputés sur les quotas réservés
à Renault. Or la filiale Renault Mexicana n’était pas
disposée à amputer son potentiel d’importation et l’autorisation
ne lui fut jamais accordée...
Faute de pouvoir reprendre
le flambeau Alpine tel qu’il l’avait espéré, Alberto décida
de mettre à profit les connaissances acquises à Dieppe
et il se réorienta sur une activité de préparation
compétition, axée sur les gammes Alpine et Renault Sport.
Ce bisness l’occupe
toujours à l’heure actuelle et son atelier Gironella
motorsport, situé en périphérie de Mexico,
mérite véritablement le détour. C’est en fait une
sorte de musée vivant dans lequel se côtoient comme à
la parade : des Berlinette Alpine Groupe IV, des Dinalpin « Vintage
», des R8 Gordini, des R5 turbo, des Clio V6 et même une
« Etoile Filante » Renault, soeur jumelle de celle qui a
battu le record du monde de vitesse aux USA en 1956 !
Alberto détient
à peu près tout ce qui a été publié
sur Alpine depuis 50 ans et ses talents de bibliothécaire sont
impressionnants. Ainsi le lendemain de mon arrivée à Mexico,
après avoir parcouru pendant la nuit le livre « Dans les
coulisses d’Alpine » que je lui avais remis la veille, il m’aborde
avec le sourire en me tendant un dossier et me dit : « C’est pas
ça le document sur la fabrication de la Berlinette dont tu parles
dans le bouquin ? Celui que tu avais laissé au Mexique en 1964...
». Effectivement, c’était bien ça ! Sinon l’original,
du moins une photocopie et c’est lui qui l’avait récupérée...
Ah, « Passion
Alpine » quand tu nous tiens !